
L’idée que l’œil humain ne voit pas au-delà d’un certain nombre d’images par seconde est un mythe qui ignore le véritable enjeu pour un joueur : la latence de traitement de l’information.
- Un taux de rafraîchissement élevé réduit le flou de mouvement (motion blur) et fournit au cerveau plus de « fenêtres d’information » pour anticiper les actions adverses.
- L’avantage compétitif n’est pas seulement visuel, il est neuro-moteur, réduisant de précieuses millisecondes le délai entre la perception d’une cible et la réaction physique.
Recommandation : Viser la synchronisation parfaite entre 144Hz et 144 FPS est la base de la performance. Atteindre 240Hz/FPS avec une configuration optimisée offre un avantage marginal mais potentiellement décisif au plus haut niveau compétitif.
La question de la fréquence de rafraîchissement est au cœur des débats entre joueurs. Entre 60Hz, 144Hz et 240Hz, le gain de performance est-il réel ou relève-t-il de l’argument marketing ? Beaucoup affirment que l’œil humain est incapable de discerner une différence au-delà d’un certain seuil. Cette affirmation, bien que répandue, simplifie à l’extrême un processus neuro-visuel complexe. Le véritable enjeu pour un joueur compétitif n’est pas tant de « voir » chaque image individuellement que de réduire la latence globale de la chaîne d’information, de l’affichage à l’action : le cycle photon-à-action.
Un taux de rafraîchissement plus élevé ne se contente pas d’offrir une image plus fluide. Il combat activement la persistance rétinienne, ce phénomène qui crée une sensation de flou de mouvement (motion blur) et masque des informations cruciales lors de mouvements rapides de caméra. Chaque image supplémentaire est une donnée fraîche que votre cerveau peut utiliser pour suivre une cible, ajuster votre visée et réagir avant votre adversaire. La différence entre 144Hz et 240Hz peut sembler minime en termes de fluidité perçue, mais elle représente des millisecondes vitales dans la fenêtre d’information disponible pour votre système neuro-moteur.
Cet article n’a pas pour but de simplement comparer des chiffres. Il s’agit d’une analyse factuelle destinée à vous, joueur compétitif, pour justifier un investissement technologique. Nous allons déconstruire les aspects techniques, des types de dalles aux technologies de synchronisation, pour vous permettre de bâtir un écosystème de jeu où chaque composant est optimisé pour un seul objectif : réduire la latence et maximiser votre potentiel de performance.
Pour naviguer efficacement à travers les multiples facettes techniques qui définissent un écran de jeu performant, cet article est structuré pour vous guider pas à pas. Vous découvrirez comment chaque technologie interagit pour créer une expérience de jeu optimale.
Sommaire : 60Hz vs 144Hz vs 240Hz : l’analyse scientifique pour gamers
- IPS ou VA : quel compromis entre réactivité et contraste pour jouer dans le noir ?
- G-Sync ou FreeSync : comment éliminer les déchirures d’image (tearing) sans ajouter de latence ?
- 1ms GtG : pourquoi cette promesse marketing cache souvent de l’overshoot (artefacts inverses) ?
- L’erreur classique de laisser Windows en 60Hz après avoir acheté un écran 144Hz
- Faut-il baisser les détails graphiques pour atteindre les 144 FPS constants ?
- DLSS ou FSR : comment ces technologies doublent vos FPS en trichant intelligemment ?
- TV OLED ou Moniteur 144Hz : quel écran privilégier pour tirer parti du HDMI 2.1 ?
- Comment éviter le « bottleneck » CPU/GPU lors de la conception de votre PC Gamer ?
IPS ou VA : quel compromis entre réactivité et contraste pour jouer dans le noir ?
Le choix de la technologie de dalle est le fondement de la performance visuelle de votre moniteur. Deux technologies dominent le marché : l’IPS (In-Plane Switching) et le VA (Vertical Alignment), chacune présentant un compromis distinct entre réactivité et qualité d’image, auquel s’ajoute désormais l’OLED comme alternative de pointe. Pour un joueur compétitif, comprendre ces nuances est essentiel, surtout pour les sessions de jeu dans des environnements sombres où le contraste est roi.
Les dalles IPS sont réputées pour leur excellente reproduction des couleurs et leurs larges angles de vision. Elles offrent des temps de réponse très rapides, souvent autour de 1ms de gris à gris (GtG), ce qui est crucial pour minimiser le « ghosting » (images fantômes) dans les jeux rapides. Cependant, leur point faible réside dans un contraste relativement faible (généralement 1000:1), ce qui peut rendre les noirs légèrement grisâtres, un défaut perceptible dans une pièce obscure.
À l’opposé, les dalles VA excellent dans le domaine du contraste, affichant des ratios de 3000:1 ou plus. Cette capacité leur permet de produire des noirs profonds et des scènes sombres riches en détails, un avantage indéniable dans les jeux d’horreur ou les niveaux nocturnes. Le compromis se situe au niveau de leur temps de réponse, historiquement plus lent que celui des dalles IPS, pouvant entraîner un effet de « black smearing » (traînées noires) sur les transitions de pixels sombres. L’émergence de l’OLED change la donne, offrant un contraste infini (chaque pixel produisant sa propre lumière) et des temps de réponse quasi instantanés. Une analyse technique compare un temps de réponse de 0,1 ms pour l’OLED contre 1 ms pour l’IPS et 3 à 5 ms pour les dalles VA.
Le choix dépend donc de votre priorité : si la victoire se joue sur des réflexes purs dans un FPS comme Valorant, une dalle IPS rapide ou une OLED est préférable. Si l’immersion dans un univers sombre comme celui de Diablo IV est votre quête, le contraste supérieur d’une dalle VA peut être plus pertinent, à condition d’accepter un léger compromis sur la réactivité.
G-Sync ou FreeSync : comment éliminer les déchirures d’image (tearing) sans ajouter de latence ?
Avoir un écran à haute fréquence de rafraîchissement est inutile si votre carte graphique (GPU) ne peut pas lui fournir des images (FPS) de manière synchronisée. Lorsque le GPU envoie des images à un rythme différent de celui auquel le moniteur les affiche, deux problèmes majeurs apparaissent : le « tearing » (déchirure d’image) si la synchronisation verticale (V-Sync) est désactivée, ou un « input lag » (latence d’entrée) accru si elle est activée. C’est là qu’interviennent les technologies de synchronisation adaptative : G-Sync de NVIDIA et FreeSync d’AMD.
Le principe de ces technologies est de permettre au moniteur d’ajuster dynamiquement sa fréquence de rafraîchissement pour qu’elle corresponde en temps réel au nombre d’images par seconde généré par le GPU. Le résultat est une fluidité parfaite, sans aucune déchirure, et ce, avec une augmentation quasi nulle de la latence, contrairement à la V-Sync traditionnelle. Pour un joueur compétitif, cela signifie une image claire et stable même lorsque les FPS fluctuent lors d’une scène d’action intense, permettant une visée plus précise et une meilleure lecture du jeu.
L’illustration ci-dessous montre la différence fondamentale entre une image affectée par le tearing et une image parfaitement synchronisée grâce à une technologie adaptative.

Comme on peut le voir, l’absence de synchronisation crée une rupture visuelle perturbante. G-Sync (pour les GPU NVIDIA) et FreeSync (pour les GPU AMD, mais souvent compatible avec NVIDIA sous le nom « G-Sync Compatible ») sont donc des technologies indispensables. Le choix entre les deux dépend principalement de votre carte graphique. Les moniteurs G-Sync « natifs » intègrent une puce matérielle dédiée et subissent une certification plus stricte, garantissant une performance irréprochable, mais à un coût souvent plus élevé. Les moniteurs FreeSync, basés sur un standard ouvert, sont plus abordables et offrent une expérience généralement excellente, surtout les modèles certifiés « Premium Pro ».
Plan d’action : optimiser G-Sync/FreeSync pour la compétition
- Jeux e-sport compétitifs : Désactivez la synchronisation si vos FPS dépassent constamment et largement la fréquence maximale de votre écran pour une latence minimale absolue.
- Jeux AAA immersifs : Activez systématiquement la synchronisation pour une fluidité parfaite sans aucune déchirure d’image.
- Cas de FPS instables : Activez impérativement la technologie pour lisser l’expérience et éviter à la fois le tearing et le stuttering (micro-saccades).
- Vérification des paramètres : Assurez-vous que la technologie est bien activée à la fois dans les paramètres d’affichage de Windows et dans le panneau de contrôle de votre GPU (NVIDIA ou AMD).
- Mode d’affichage : Privilégiez toujours le mode « plein écran exclusif » dans les options du jeu pour garantir la meilleure compatibilité et performance de la synchronisation.
1ms GtG : pourquoi cette promesse marketing cache souvent de l’overshoot (artefacts inverses) ?
Le temps de réponse « 1ms GtG » (gris à gris) est devenu un argument marketing incontournable pour les moniteurs de jeu. Il promet une transition de couleur quasi instantanée pour chaque pixel, éliminant ainsi le flou de mouvement et les images fantômes (ghosting). Si cette rapidité est théoriquement un avantage majeur pour la clarté dans les jeux à haute vitesse, la réalité technique derrière ce chiffre est plus complexe et peut parfois nuire à l’expérience de jeu.
Pour atteindre ce temps de réponse extrêmement bas, les fabricants utilisent une technique appelée « Overdrive » (ou « Trace Free » chez ASUS, « AMA » chez BenQ). Elle consiste à appliquer une surtension aux cristaux liquides pour accélérer leur changement d’état. Cependant, lorsque ce réglage est poussé à son maximum pour atteindre le chiffre magique de « 1ms » sur la fiche technique, un effet secondaire indésirable peut apparaître : l’overshoot, ou « inverse ghosting ». Le pixel dépasse sa couleur cible avant de se stabiliser, créant des artefacts visuels sous forme d’auras claires ou colorées derrière les objets en mouvement. Ces « fantômes inversés » peuvent être tout aussi distrayants et pénalisants que le ghosting classique qu’ils sont censés éliminer.
Le ‘1ms’ est souvent atteint avec un réglage d’Overdrive maximal qui crée des artefacts visuels pénalisants.
– Forum Tom’s Hardware France, Discussion technique sur les temps de réponse
En pratique, le réglage d’Overdrive optimal pour un joueur compétitif n’est souvent pas le plus élevé, mais celui qui offre le meilleur équilibre entre rapidité et propreté de l’image. Il est recommandé de ne pas se fier aveuglément au « 1ms » et de tester les différents niveaux d’Overdrive de son moniteur. Des outils en ligne comme le célèbre TestUFO de Blur Busters sont parfaits pour visualiser en temps réel l’impact de ces réglages et identifier la présence d’overshoot. Le but est de trouver le réglage qui minimise le flou de mouvement sans introduire d’artefacts gênants.
L’erreur classique de laisser Windows en 60Hz après avoir acheté un écran 144Hz
C’est sans doute l’une des erreurs les plus courantes et les plus frustrantes : investir dans un moniteur à haute fréquence de rafraîchissement et continuer à jouer en 60Hz sans même s’en rendre compte. Le simple fait de brancher un écran 144Hz ou 240Hz ne garantit pas qu’il fonctionne à sa fréquence maximale. Par défaut, pour des raisons de compatibilité, Windows se configure souvent sur 60Hz, bridant ainsi tout le potentiel de votre nouvel équipement.
Vous vous privez alors du bénéfice principal de votre achat : une fluidité accrue, une latence d’affichage réduite et une meilleure clarté dans les mouvements rapides. La différence est loin d’être un placebo. Une étude menée par Hardware Unboxed a montré que près de 78% des joueurs perçoivent une nette amélioration en passant de 60Hz à 144Hz. Ignorer ce réglage revient à conduire une voiture de sport en restant bloqué en première vitesse. Il est donc impératif de vérifier et de configurer manuellement le taux de rafraîchissement après l’installation de votre moniteur.
Cette configuration est simple mais doit être effectuée au bon endroit dans les paramètres du système. L’image suivante montre la fenêtre de configuration cruciale dans les paramètres d’affichage avancés de Windows, où vous pouvez sélectionner la fréquence de rafraîchissement souhaitée.

Au-delà du réglage Windows, il est également prudent de vérifier la configuration dans le panneau de contrôle de votre carte graphique (NVIDIA Control Panel ou AMD Radeon Software) et de s’assurer que le câble utilisé (DisplayPort est recommandé pour les hautes fréquences) est capable de supporter la bande passante requise. Un oubli à ce niveau anéantit tous les autres efforts d’optimisation.
Checklist : valider votre configuration haute fréquence
- Étape 1 (Windows) : Allez dans Paramètres → Système → Affichage → Paramètres d’affichage avancés. Choisissez la fréquence la plus élevée dans le menu déroulant « Taux de rafraîchissement ».
- Étape 2 (Panneau GPU) : Ouvrez le panneau de contrôle NVIDIA ou AMD et vérifiez sous la section « Affichage » que la fréquence est correctement appliquée à votre moniteur.
- Étape 3 (Menu OSD) : Accédez au menu intégré de votre moniteur (On-Screen Display) via ses boutons physiques pour confirmer la fréquence active affichée.
- Vérification du câble : Assurez-vous d’utiliser un câble DisplayPort 1.4 ou HDMI 2.1, surtout pour des résolutions élevées (1440p ou 4K) combinées à un rafraîchissement de 144Hz ou plus.
- Test pratique : Utilisez un site web comme testufo.com pour une confirmation visuelle instantanée. Le test « Frame Rate » doit afficher une valeur égale ou très proche de celle de votre moniteur.
Faut-il baisser les détails graphiques pour atteindre les 144 FPS constants ?
La règle d’or pour un jeu compétitif fluide est la suivante : le nombre d’images par seconde (FPS) doit être égal ou supérieur à la fréquence de rafraîchissement (Hz) de votre moniteur. Avoir un écran 144Hz est inutile si votre carte graphique peine à produire plus de 90 FPS. Pour atteindre cette synchronisation parfaite, un arbitrage est souvent nécessaire : faut-il sacrifier la qualité visuelle pour garantir une performance stable ? Pour un joueur compétitif, la réponse est un oui sans équivoque.
Les joueurs professionnels ne cherchent pas l’immersion visuelle la plus époustouflante, mais la clarté et la réactivité maximales. Ils n’hésitent pas à réduire drastiquement les paramètres graphiques pour s’assurer que leurs FPS restent constamment au-dessus du seuil de leur moniteur, même dans les combats les plus chaotiques. Un pic de FPS à 200 qui chute à 100 lors d’une explosion est bien pire qu’un flux constant de 144 FPS. La stabilité est la clé de la mémoire musculaire et de la précision.
Cependant, toutes les options graphiques n’ont pas le même impact sur les performances et la lisibilité. Certaines sont très coûteuses en ressources pour un gain visuel minime en pleine action. L’art consiste à savoir quoi baisser en premier. Le tableau suivant, basé sur une analyse de l’impact des paramètres sur les FPS, établit une hiérarchie claire des sacrifices à consentir.
| Paramètre | Impact FPS | Impact visuel en jeu | Priorité de baisse |
|---|---|---|---|
| Ombres | Élevé (-30 à -40%) | Moyen (peut gêner la lisibilité) | 1 (à baisser en premier) |
| Anti-aliasing (Anticrénelage) | Moyen (-15 à -25%) | Faible en mouvement | 2 |
| Effets de post-traitement | Moyen (-10 à -20%) | Faible (souvent distrayant) | 3 |
| Distance d’affichage | Élevé (-20 à -30%) | Moyen à Élevé | 4 (compromis délicat) |
| Qualité des textures | Faible (-5 à -10%) | Fort (affecte la netteté) | 5 (à garder élevé si possible) |
La stratégie est donc de commencer par réduire les ombres, l’anticrénelage et les effets superflus. La qualité des textures, ayant un faible impact sur les FPS mais un fort impact sur la clarté des modèles de personnages, devrait être préservée autant que possible. L’objectif est de trouver le point d’équilibre où les FPS sont stables à 144 ou 240, sans pour autant rendre le jeu visuellement confus.
DLSS ou FSR : comment ces technologies doublent vos FPS en trichant intelligemment ?
Atteindre un nombre élevé et stable de FPS est la quête de tout joueur compétitif. Lorsque l’optimisation des paramètres graphiques ne suffit pas, ou que l’on souhaite conserver une certaine qualité visuelle, les technologies d’upscaling (mise à l’échelle) par IA entrent en jeu. Le DLSS (Deep Learning Super Sampling) de NVIDIA et le FSR (FidelityFX Super Resolution) d’AMD sont deux approches révolutionnaires qui permettent d’augmenter considérablement les FPS en « trichant » de manière intelligente.
Le principe de base est simple : au lieu de demander à votre carte graphique de calculer l’image dans la résolution native de votre écran (ex: 1440p), le jeu est rendu dans une résolution inférieure (ex: 1080p), ce qui est beaucoup moins exigeant. Ensuite, un algorithme avancé, souvent entraîné par intelligence artificielle, reconstruit l’image pour la ramener à la résolution native. Cette reconstruction vise à préserver un maximum de détails, donnant l’illusion d’une image rendue nativement, mais avec des performances bien supérieures. Pour un joueur, cela peut signifier passer de 80 FPS à 140 FPS, atteignant ainsi le seuil de fluidité de son moniteur 144Hz.
DLSS, exclusif aux cartes NVIDIA RTX, utilise des cœurs matériels dédiés (Tensor Cores) et un apprentissage profond pour une reconstruction souvent jugée de meilleure qualité, surtout pour éliminer l’aliasing. FSR, étant une solution logicielle open-source, est compatible avec une plus large gamme de GPU, y compris ceux d’AMD et d’anciennes générations de NVIDIA. Bien que la qualité puisse être légèrement inférieure dans ses premières versions, les itérations récentes comme FSR 2.0 et au-delà rivalisent sérieusement avec DLSS.
L’utilisation de ces technologies n’est pas une simple activation. Il faut choisir le bon mode (Qualité, Équilibré, Performance, Ultra Performance) en fonction de ses objectifs. Un mode « Performance » maximisera les FPS au détriment d’une légère perte de netteté, un choix souvent privilégié en compétition. Un mode « Qualité » offrira une image quasi indiscernable de la résolution native, avec un gain de performance plus modeste.
Guide pratique : quand et comment utiliser DLSS/FSR
- Jeux e-sport compétitifs (Valorant, CS:GO) : Utilisez le mode « Performance » ou « Ultra Performance » pour maximiser les FPS et minimiser la latence d’entrée. La légère dégradation visuelle est un compromis acceptable pour la réactivité.
- Jeux AAA solo (Cyberpunk 2077, Alan Wake 2) : Privilégiez le mode « Qualité » ou « Équilibré » pour bénéficier d’un gain de performance significatif sans sacrifier l’immersion visuelle.
- Sur un écran 1080p : Utiliser DLSS/FSR en mode « Qualité » peut agir comme une forme d’anticrénelage supérieure (DLDSR/VSR), offrant une image plus nette que la résolution native.
- Pour une configuration vieillissante : Le mode « Ultra Performance » peut être la clé pour rendre un jeu exigeant jouable, transformant une expérience saccadée en un gameplay fluide.
- Optimisation de la latence : Activez toujours NVIDIA Reflex ou AMD Anti-Lag en complément de l’upscaling. Ces technologies réduisent la latence système, compensant le léger délai introduit par le processus de reconstruction de l’image.
TV OLED ou Moniteur 144Hz : quel écran privilégier pour tirer parti du HDMI 2.1 ?
L’avènement du standard HDMI 2.1 a brouillé les frontières entre les téléviseurs haut de gamme et les moniteurs de jeu. Capable de transmettre un signal 4K à 120Hz (et même plus), cette connectique équipe désormais aussi bien les consoles de dernière génération (PS5, Xbox Series X) que les PC dotés de cartes graphiques récentes. Cela pose un dilemme pour le joueur : faut-il opter pour l’expérience immersive d’un grand téléviseur OLED ou pour la réactivité ciblée d’un moniteur gaming 144Hz+ ?
Les téléviseurs OLED modernes, notamment ceux de LG et Samsung, offrent une qualité d’image spectaculaire. Avec un contraste infini, des couleurs éclatantes et des temps de réponse de pixel quasi instantanés (autour de 0.1ms), ils excellent dans les jeux solo immersifs. Leur « mode jeu » a fait d’énormes progrès pour réduire la latence d’entrée. Cependant, même les meilleurs modèles peinent à rivaliser avec la réactivité pure des moniteurs dédiés à l’e-sport. Une mesure comparative de la latence d’entrée (input lag) place les meilleures TV OLED entre 5 et 10ms en mode jeu, tandis que les moniteurs e-sport descendent régulièrement sous la barre des 3ms.
Ces quelques millisecondes, imperceptibles pour le commun des mortels, sont significatives au plus haut niveau de compétition. De plus, les moniteurs gaming proposent des fréquences de rafraîchissement qui vont bien au-delà des 120Hz des TV, atteignant 240Hz, 360Hz et même plus. Ils sont également conçus pour une utilisation rapprochée, avec des fonctionnalités ergonomiques (réglage en hauteur, pivot) et des traitements antireflets plus adaptés à un environnement de bureau. La tendance est d’ailleurs à l’intégration de la technologie OLED dans des formats de moniteurs plus compacts. L’année 2024 voit une prolifération de moniteurs OLED de 27 à 32 pouces, capables d’afficher de la 4K à 240Hz, combinant le meilleur des deux mondes.
Le choix dépend donc de votre profil. Pour un joueur console ou PC qui privilégie la splendeur visuelle des jeux AAA dans son salon, un téléviseur OLED 4K 120Hz est un choix exceptionnel. Pour le joueur PC compétitif qui passe ses heures sur des FPS ou des MOBA et pour qui chaque milliseconde compte, un moniteur 144Hz ou 240Hz, qu’il soit IPS ou de plus en plus OLED, reste la solution supérieure en termes de performance pure.
À retenir
- La supériorité d’un taux de rafraîchissement élevé n’est pas une question de perception visuelle mais de quantité d’informations transmises au cerveau par seconde.
- L’objectif est d’atteindre une synchronisation stable où FPS ≥ Hz, en faisant des compromis intelligents sur les paramètres graphiques non essentiels.
- Les technologies comme G-Sync/FreeSync et DLSS/FSR sont des outils cruciaux pour atteindre une fluidité parfaite sans sacrifier la performance.
Comment éviter le « bottleneck » CPU/GPU lors de la conception de votre PC Gamer ?
Posséder un moniteur 240Hz et une carte graphique (GPU) de dernière génération ne sert à rien si votre processeur (CPU) n’est pas capable de suivre la cadence. Ce déséquilibre, connu sous le nom de « bottleneck » ou goulot d’étranglement, est l’ennemi de la performance stable. Il se produit lorsqu’un composant est tellement plus lent que les autres qu’il limite les performances de l’ensemble du système. Dans le contexte du jeu à haute fréquence, un bottleneck CPU est particulièrement pénalisant.
Le rôle du CPU dans un jeu est de gérer la logique, la physique, l’IA et de préparer les « draw calls » (instructions de rendu) pour le GPU. Plus le nombre de FPS ciblés est élevé, plus le CPU doit travailler vite pour alimenter le GPU en nouvelles images à traiter. Si le CPU ne peut pas préparer les images assez rapidement, le GPU, même surpuissant, passera une partie de son temps à attendre, et vous n’atteindrez jamais vos 240 FPS cibles. Ce phénomène est particulièrement marqué en basse résolution (1080p), où le GPU traite les images si vite que toute la pression retombe sur le CPU. À l’inverse, en 4K, la charge sur le GPU est si lourde qu’il devient souvent lui-même le facteur limitant (bottleneck GPU).
L’équilibre est donc la clé. Il faut concevoir une configuration où le CPU et le GPU sont en harmonie avec la cible de résolution et de fréquence. Pour du 1080p à 240Hz, un CPU très puissant avec une excellente performance « single-core » est primordial, associé à un GPU de milieu ou haut de gamme. Pour du 1440p à 144Hz, l’équilibre se déplace légèrement, avec une charge plus répartie entre les deux composants. Le tableau suivant présente des couples CPU/GPU recommandés pour différentes cibles de performance.
| Cible de performance | CPU recommandé | GPU recommandé |
|---|---|---|
| 1080p @ 240Hz | Intel Core i7-13700K / AMD Ryzen 7 7700X | NVIDIA RTX 4070 / AMD RX 7800 XT |
| 1440p @ 144Hz | Intel Core i5-13600K / AMD Ryzen 5 7600X | NVIDIA RTX 4060 Ti / AMD RX 7700 XT |
| 4K @ 120Hz (HDMI 2.1) | Intel Core i5-13600K / AMD Ryzen 7 7800X3D | NVIDIA RTX 4070 Ti / AMD RX 7900 XT |
En définitive, l’achat d’un moniteur à haute fréquence n’est que la dernière étape d’une démarche globale. Il doit être le point d’orgue d’un système pensé dans son intégralité, où chaque composant est choisi non pas pour sa performance individuelle, mais pour sa capacité à fonctionner en synergie avec les autres. C’est cette vision holistique qui sépare une configuration de jeu simplement chère d’une configuration réellement performante.
Pour mettre en pratique ces concepts et construire une configuration qui exploite pleinement le potentiel d’un affichage à haute fréquence, l’étape suivante consiste à évaluer précisément vos besoins et votre budget afin de sélectionner les composants les plus équilibrés pour votre objectif de performance.